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"Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours; ou nous rappelons le passé, pour l’arrêter comme trop prompt: si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont plus rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste." Critique d’Oriane (feutre rouge) : comment peut-on couper ainsi le temps en tranches? Le présent est encore du passé et déjà de l’avenir, le temps est un continuum insécable: je suis parce que j’ai été et parce que je serai. Sinon je ne suis plus. Que veut donc dire «se tenir au temps présent»? A quelle seconde, à quel dixième de seconde de ce temps présent dois-je me tenir? Je ne suis que parce que je me souviens et parce que je me projette… Tout le reste n’est que sagesse de bazar !
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